Ode à la routine

4 mois tout pile (enfin, quand j’ai commencé à écrire l’article, là ça fait un peu plus…). Le recul qu’il faut pour donner son avis. Même si j’aurai pu/dû le faire bien plus tôt. Bon après j’ai pas trop trop le temps disons. Entre le travail, l’écriture de mon livre sur la sortie du nucléaire et les séances de dédicaces qui s’enchaînent… Je fais de mon maximum de sorte à pouvoir vous abreuver au mieux, pardon pour la lenteur.
Mais c’est bon. J’arrête de me cacher derrière les excuses et je reviens vers vous. Cette fois encore, je vous donne tout. Sans la moindre concession, et pourtant je ne vends pas de voiture.

Pour débuter, parlons boulot. Pas longtemps, ne vous en faites pas. Je sais pas franchement comment vous décrire. Ca reste un call center. Mais il y a un petit quelque chose en plus. Déjà on a de très bons téléphones. Ensuite, il y a un grand nombre de nationalités qui y sont représentées. Ca fait plaisir parce qu’on en apprend plein. On se rend compte qu’on est quand même un peu tous les mêmes, bien que les français soient tout de même un cran au-dessus des autres.
Ensuite, on a une bonne machine à café. Pour 8kcz, tu as un (très bon) expresso, et ça, ça n’a pas de prix avec MasterCard. Quand je dis « très bon » c’est que je le compare au café que je réalise chez moi à l’aide d’une poudre Lidl. Parce que comparé à du vrai café, le café du travail à 8kcz reste un café remplaçant.

Pour le reste, je peux vous dire que j’ai la vie de sportif professionnel. En effet, le travail me donne accès à de sacrés avantages. Tout d’abord, j’ai une carte de restauration, grâce à laquelle je peux me restaurer. Et manger, c’est bien. Ensuite, j’ai accès à une salle de sports et à un sauna deux fois par semaine de façon gratuite. A votre avis, où vais-je le plus souvent ? Indice réponse en bas de votre écran : j’y transpire beaucoup.

En ce qui concerne l’ambiance, je vous dois quelques mots. Certes c’est un travail plutôt individuel dans le sens où nous sommes tous en équipe avec notre combiné. Toutefois, comme les « équipes » travaillent les unes à côté des autres, les germanophones, francophones et tchèquophone (?) cohabitent. Et ça met une sacrée ambiance. En plus, ça permet d’en apprendre plus sur la culture des pays. Par exemple, Helge, mon collègue allemand passe ses journée à manger des légumes. Vraiment. Il mange des concombres ou des carottes. Crus. C’est une hygiène de vie à laquelle j’aimerai me plier. Mais j’aime trop la malnutrition. Mais sans caricature, c’est un réel plaisir de pouvoir évoluer aux côtés de ressortissants étrangers, spécialement pour moi qui n’aie jamais effectuer de programme d’échange ou encore d’année Erasmus à l’étranger.

Yann Barthès, s’interrogeant sur mon quotidien

Donc en gros, le travail se passa pas trop mal. Voyons à présent, ensemble, ce qu’il en est du reste.

Que fait un expatrié français durant son temps de non travail lorsqu’il est à l’étranger ? Il ne fait rien d’autre que ce qu’il fait au quotidien. Et quel est ce quotidien ? Voyons cela en détail avec l’appui amical de Yann Barthès.

Dans un premier temps, je consacre un bon 80% de mon temps (sommeil non inclus) à mon groupe de rap. Et oui. Mon groupe, intitulé sobrement « CQSFDM » pour, vous l’aurez deviné « ce qui se fait de mieux« . Je vous dois la vérité, car on se l’est juré. Il ne s’agit pas d’un groupe, car je suis tout seul, et il ne s’agit pas non plus de qui se fait de mieux. Je suis d’ailleurs sur le point d’abandonner ce projet plus qu’ubuesque. Toutefois, si je suis assujetti à une récompense de type Victoire de la Musique ou Grammy Award, je m’y rendrai avec joie. J’aime les petits fours.

Et dans un second temps, j’aime me balader dans la ville de Prague. C’est une belle ville, et en tant qu’amoureux des belles choses (cf. mon style vestimentaire depuis mon plus jeune âge), je suis dans mon élément ici.
Pour un peu parler sérieusement, à chaque fois que tu fais une balade, tu tombes sur quelques chose de nouveau, avec toujours de bonnes surprises. Bien entendu, tout ça serait bien mieux si j’avais un talent de photographe, pour pouvoir appuyer mon propos. Malheureusement, ayant investi tout mon temps, mon argent et mon talent dans la musique, il n’y a plus de place pour la photographie. Néanmoins, veuillez trouver ci-après quelques uns des mes meilleurs clichés, qui ne sont en lices pour aucune récompense artistique. Merci la vie de me remettre, de temps en temps, à ma place.

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La ville est très riche de son histoire, et surtout de son architecture. Des couleurs, des formes hétéroclites, de la diversité… Pour toutes ces raisons, chaque sortie pédestre se révèle comme étant vraiment cool. C’est notamment dans ce cadre que j’ai écrit mes meilleures poésies comme « C’eut été merveilleux » ou « Pour toutes ces raisons ta réthorique te pique ».

Entre temps, j’ai également eu le bonheur de découvrir la ville sous les festivités de fin d’année. Ce qui est énorme. Je sais pas trop si c’est à cause de la tristesse des gens sur le reste de l’année, mais la Noël et son atmosphère est tout à fait appréciable. Seul soucis, le froid. On m’avait vendu une destination parfaitement froide, et finalement non. Alors, on m’avait parlé de -15°C. Il s’agissait là de balivernes sans nom. En effet, les températures varient entre -5 et 5°C. Ce qui est fort, c’est qu’on en apprécie le 5. On m’avait aussi vendu pas mal de neige, je n’en ai jamais vu la couleur. Lorsque j’ai été à la Mairie de la ville pour leur demander pourquoi on était si éloigné des standards, on m’a répondu que depuis quelques mois, des individus de types charismatiques sont venus à Prague et on déréglé l’écosystème dans sa globalité. J’ai pu me procurer la liste des noms de ces susdits individus. J’Y FIGURE. Je suis classé en catégorie 3, ce qui signifie que j’ai une importance moindre mais que je suis tout de même « à surveiller de près ».

Autre belle activité, la barologie. Qu’est-ce que la barologie ? Il s’agit d’un concept inventé en février 2018 par un expatrié français de catégorie 3 au recueil des réchauffeurs climatique locaux. Le pays est réputé pour sa bière, et son rapport qualité/prix.
Autant j’avais été mal informé pour la météo, autant sur la bière et les bars, j’avais des sources fiables.

Pour la suite, des images valent plus que les mots. Donc régalez-vous des ces clichés, et n’hésitez pas à m’envoyer des chèques. Sans ordre. On s’arrange avec Madame Mareš, ma banquière.

Oh bah tiens, en parlant de banque. C’est le seul petit soucis que j’ai eu lors de ma relocalisation. Tout il allait bien. J’avais mon logement, j’avais des amis, j’avais la banane, mais au niveau de la banque, là on a eu un soucis.
Quelques semaines après mon arrivée, je me rendais chez Equa Bank, une banque dite « de jeunes ». Et moi, je suis jeune, alors j’avais l’intime conviction que c’était une banque pour moi. Ouvrir un compte, c’est énorme. Ouvrir un compte en langue anglaise, c’est une aventure extraordinaire.
D’entrée de jeu, on t’explique comment ca se passe, ce dont tu as besoin. Tu obtiens de façon plutôt rapide un numéro de compte, que je me suis habilement fait tatouer sur l’avant-bras droit, de sorte à ne jamais le perdre.
Ensuite, une fois que tout est signé, l’institution t’annonce que la réception de la carte bancaire se fera sous 2 semaines. Dans mon cas, c’était plutôt 2 mois. Ah… les bonheur de l’élitisme dont je fais partie. Pardon pour les autres.
Deux mois sans carte bancaire c’était funky. Heureusement que la vente de cannabis à laquelle je me livre sans vergogne là-bas me permet aisément de disposer de liquide. Il s’agissait simplement de combler, jusqu’à réception de la carte. J’ai reçu cette carte quelques jours avant la fin de 2017. c’est également pour cette raison que je n’ai pas pu écrire de nouvel article plus tôt, pardonnez-moi.

J’ai énormément d’envies pour l’avenir. J’aimerai être riche et posséder toutes les paires de Jordan Rétro de la 1 à la 13. Mais en terme de d’objectif atteignable et économiquement viable, j’ai des ambitions à la hauteur de mes moyens.

La salle de l’USK, vue de l’extérieur

J’ai le désir profond, solide et viable de me rendre dans un grand nombre de lieux sportifs. « Hein ? Mais tu fais pas de sport t’arrêterais pas un peu de nous charrier oh ?!« . Je ne parle pas d’en faire, mais d’en regarder.

Je me suis déjà rendu à un match masculin de l’USK Praha, la meilleure équipe de basket de la capitale. Cette équipe sévit dans sa salle cubique du Folimanka. L’entrée coûte 70kcz (3eur). Dans une ambiance assurée par une dizaine de supporter, j’ai pu assister à un match accroché.

Rio Mavuba, lorsqu’il était touché par la grâce divine et qu’il évoluait aux Girondins de Bordeaux

Pour la suite, le premier objectif est de rendre visite à un ami de longue date. Rio Mavuba, joueur pro de football formé aux Girondins de Bordeaux, joue à présent au Sparta Prague. Le stade a été victime du naming, et s’intitule « Generali Arena« .
Viendront ensuite le Sparta Prague mais l’équipe de Hockey, puis les autres équipes de foot de la ville que sont les Bohemians et le Slavia Prague. Après avoir fait toutes ces explorations sportives, je reviendrai vers vous.

Dans les autres objectifs, j’espère aussi pouvoir vous accueillir vous tous, amis lecteurs, dans cette ville.

Merci la vie.

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Débuts moyennement faciles

Rappel : si c’est ton premier voyage ici, lis ca d’abord.

Avant propos : Salut. Bonne lecture.
*Fin de l’avant propos.*

Le départ. Voilà quelque chose. C’est à la fois bien et à la fois moyen.

On ici est à la fin du mois de septembre. L’été bat encore son plein en France. Mon bronzage me procure une renommée communale. Je passe mes journées à ne rien faire au soleil (voir objet photographique apposée ci-dessous).

Moi, entrain de tranquillement profiter de la météo française de qualité.

Ayant récemment décroché ce poste à Prague, je profite de mon succès en ne rien branlant. Logique. Pour commencer à me projeter doucement, je réserve mon billet d’avion. Ce qui est ironique car je vais travailler dans l’aviation ! Ah, c’est rigolo.

Le voilà parti. Le vendredi 29 septembre. Le début. Et la fin. On n’est pas dans une fiction diffusée sur Fr3, mais quand même. Comment profiter au maximum des derniers moments chez soi ? Faire ce qu’on fait d’habitude. Si tu commences à faire dans l’extraordinaire tu perds ton temps, crois-moi. Alors pour les derniers instants, j’étais en famille. C’est bien la famille parce que déjà on leur doit beaucoup, et puis surtout pour l’héritage. Alors en plus de penser à mon compte courant, il se trouve que je les aime tous d’amour. J’organisai donc une sorte de tournée d’adieu. Comme Aznavour ou Johnny, sauf que je partais vraiment. Un midi chez Papy, un autre chez Mamie… Je partais donc les souvenirs plein la tête et les calories plein le ventre.

Le temps du vol arrive. Vol à 6:00, réveil à 3:40… franchement. La pire heure. Joey Starr n’est pas couché et Jean Jacques Bourdin n’est pas levé. Atroce. Mais j’ai avec moi, mes parents ainsi que ma sœur. On est en équipe. Chacun sait ce qu’il a à faire. Les textes, les rôles et les mises en scène ont été répétées à plusieurs reprises. Chacun sait s’il doit pleurer, et si oui, à quel moment il doit commencer et arrêter. Des professionnels, rien d’autre. Je n’ai pas pleuré. L’émotion était palpable, toutefois, mon cœur étant une alliance de cuivre et de carbone, je suis insensible à toute sorte d’émotion, et c’est plutôt utile dans ce genre de moment.

Un atterrissage de qualité réalisé par le pilote de l’avion. Que je salue au passage. Petit drift pour arriver devant la porte.
Je pose le pied sur le sol tchèque pour la première fois de ma vie. Une émotion inexplicable me remplit d’une traite. Plus rapide qu’une pinte cul-sec. Aux bords des larmes à mon tour, je sais que je suis arrivé où je voulais. Je lève les yeux. Un ciel nuageux, mais je fixe ce ciel en remerciant le Seigneur. Jésus. Le seul. Celui qui gère les vies des gens ainsi que le trafic aérien. Quel homme.

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Il faut maintenant prendre la direction de l’auberge de jeunesse. Le point positif c’est le prix. A 8€ la nuit, on va pas se mentir c’est correct.
En arrivant dans la susdite auberge, il est très simple de comprendre pourquoi le prix est si peu élevé. Toutefois, les solutions de logement sont aussi nombreuses que les cheveux sur la tête de Valéry Giscard d’Estaing. Donc, il faut prendre son mal en patience.

Pour trouver un chez soi, c’est une sorte de jungle. Tout se fait via les groupes Facebook. Et il faut être très rapide et très bon pour espérer décrocher ne serait-ce qu’une visite. D’autant plus qu’à cette période, tous les étudiants Erasmus viennent mettre leur nez dans l’immobilier local.

MAIS. Encore une fois, monsieur le Destin va s’occuper de mon cas. C’est un ami. Avant de partir, je rodais sur les sites de petites annonces. Sans trop de succès. Mais un jour, quelqu’un répondit à un de mes mails. Alors, deux jours après mon atterrissage, je rencontrai déjà une potentielle future colocataire. Adéla est une étudiante tchèque en médecine. Grâce au destin ou grâce à mon style adaptable, le courant passa très vite. Et elle me confirma quelques jours plus tard que j’étais sélectionné.

Image associée

Seul bémol, l’appartement est encore en travaux. Il va me falloir patienter deux à trois semaines. En auberge de jeunesse.
Alors, souvent, lorsque tout va bien, il y a toujours un petit détail qui vient ralentir la machine. Là le détail c’était cette auberge. La vie en groupe c’est rigolo. Mais pas trois semaines. Surtout quand en parallèle il faut travailler tous les jours. Mais au moins, c’était mémorable. Pendant toute la durée de mon séjour en auberge, j’eus la bonheur de partager une chambre double avec un estonien très aimable du nom de Elvis. Cet homme, aux pantoufles élégantes, était un informaticien qui ne « voyait pas l’intérêt d’avoir un appartement, étant donné que la nuit à l’auberge ne coûte que 8€ ». Bon. Le point de vue peut se défendre. Si on est estonien, sinon ça ne fait aucun sens.

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Paire de pantoufles, inscrites au Patrimoine Mondiale de l’UNESCO Estonien.

En parlant de travail, je commençai la formation de manière très confiante. Les Dieux sont avec moi. Difficile de rentrer dans les détails en restant intéressant, alors je vais passer cette partie. Mais en gros, tout se passait plutôt bien. Dans un équipe composée de tchèques (ou slovaques, mais c’est un peu comme les bretons et les normands si vous voulez, ils ne se portent pas en haute estime, mais ils sont presque identiques), de français et d’allemands, se faire des amis est très facile. D’autant plus facile lorsqu’on est muni d’un véritable accent anglais de qualité premium. Avec les français, on peut comparer nos parcours et se vanner en fonction des régions d’origine. Et avec les étrangers on peut comparer les stéréotypes.

Après avoir parlé des actions, je vais tenter de décrire le cadre. Vous savez certainement que Prague c’est beau. Alors, pour être tout à fait honnête avec vous, oui, c’est beau. J’ai eu beaucoup de chance dès mon arrivée avec une météo de très grande qualité. J’étais en tee-shirt tout le week-end (pas le même, j’en changeais tous les jours pour des raisons évidentes d’hygiène).
Appréciez plutôt ces quelques clichés réalisés par ma personne :

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Donc, pour résumer, les débuts étaient à la fois faciles et pas trop faciles. Dans tous les cas c’était bien sympathique. Maintenant que l’installation s’est bien déroulée, je suis en place. En place pour attaquer l’aventure de façon sereine et autonome. On a essuyé les quelques larmes qu’on a versé, effectué quelques pompes pour se donner de la force, et on y va.
J’en profite pour vous inviter toutes et tous à venir ici, ça vaut vraiment le coup. Déjà, parce que j’y suis, et ensuite parce que vous n’aurez pas besoin d’avoir 2 semaines de vacances. La ville est est remplie de belles choses, mais est assez petite. En un week-end ou en 4 jours, vous avez assez de temps pour goûter à « La Capitale Magique de l’Europe » (je sais pas qui a décidé que ceci serait le surnom de Prague, mais il était tout à fait modeste).Résultat de recherche d'images pour

Restez connectés, dans l’épisode suivant, je vous parlerez plus en détails de « Comment je gère mon temps libre ici », qui, vous en conviendrez, est un sujet ULTRA PASSIONNANT.

Merci à tous, merci la vie, merci Jésus.

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